05 juin 2010 à 11:00:27

Chronique du 5 juin 2010

FC, le samedi 5 juin 2010


RENCONTRES

Le festival Marionnettes en Chemins a bien des vertus.
Outre qu'il permet aux communes partenaires et spectateurs de tous poils d'accueillir une programmation de haut vol, il m'a permis d'arpenter le pavé d'Amiens autant que les sinuosités vertes d'une Picardie qui s'est révélée être un bien bel endroit, emplie de gens véritables, singuliers parfois...
Hier, à Saint Gobain, je me pose en ravissante compagnie d'Elodie au bar du village, commande une mauresque, elle un Perrier citron, le soleil brille, chemisette à fleurs, rien à redire sur les conditions de travail. Une dame s'approche, une laisse à la main et, en bout de laisse, un petit chien assez laid dont elle nous rebat immédiatement les oreilles. “Ce chien m'a tout pris, nous dit-elle, il mange ma retraite, il est malade, il pisse partout et tout le temps, sans lui, je pourrais m'acheter toutes les culottes et tous les soutien-gorges dont j'ai envie. Quelle plaie !“
Un peu plus tard, Charlotte et Pierre, deux compagnons du Tas de Sable - Ches Panses Vertes nous offrent chacune et chacun lever de rideau et fil rouge, avec un talent chaque fois plus éclos depuis qu'ils accompagnent le festival...
La vie est belle, je pense avec tendresse à Sylvie, empêchée par sa santé bousculée, vers qui nous lâchons tous des baisers aussi singuliers que la dame au petit chien !


HAÏKU PABLE

Retour à la nuit
Le ciel comme un grand cyclo
On dirait le sud


JACK?

_ Ça va mon grand, tu t'en sors avec tes chroniques ?
_ Ça va mon Jack?, et toi, tu vas bien ?
_ Pas si pire, je vais, je viens ; elles me plaisent bien, ces marionnettes, elles sont gentilles avec moi, elles me laissent parler souvent, ne me coupent pas la parole, elles ne me disent pas qu'elles ont raison, et tu sais, il y en a de complètement siphonnées !
_ C'est bientôt fini, Jack?, qu'est-ce que tu vas devenir ?
_ Je sais pas, mon homme ; je crois que je vais pas devenir, juste aller et venir, continuer la route, ramasser des bouts de bois, de la ficelle, refaire un peu du monde, comme ces artistes !
_ Je vais te revoir ?
_ Fils, tu rigoles ! Je suis là, bien gaffé dans ta tête, je suis de toutes tes belles aventures, pour sûr que tu vas me revoir !
_ Tu vas me manquer...
_ T'inquiète, mon frère, tant que le feu il habite à l'intérieur de toi, tant que les marionnettes sont en chemins, alors, nous deux, c'est de la pure colle !
_ Merci Jack?, de tes présences folles, de tes compagnies jusque dans mes insomnies, t'es un bon gars...
_ Allez François, on se bouge, on écrit, on rencontre, on fume, on boit, on rigole !
Quelque part dans un hôtel d'Amiens, il y a un auteur qui écrit à voix haute, et quelques plaintes pour tapages nocturnes...


ENTRETIEN AVEC MARTINE

Martine, c'est la voix de mon GéPéEsse...
“Voulez-vous éviter les péages ?“ me demande Martine, avec son petit ton insouciant des jours de beau temps.
Moi, j'aimerais répondre par l'affirmative, emprunter des routes sans obstacle, sans limite...
“Voie non carrossée sur le parcours, voulez-vous les éviter ?“
Bien sûr que non, bien sûr que j'aimerais n'éviter aucune de ces voies non carrossées, me perdre avec Martine en des endroits où latitude et longitude convergent en des épicentres mystérieux, des jungles de bout du monde où s'écraseraient tous les arc-en-ciel !
Un jour Martine, et ce jour n'est pas si loin, peut-être même ce sera une nuit, nous partirons ; sans montre, sans quête, avec pour seuls bagages ta voix et mon esprit vagabond, et le plus beau de tes messages d'amour : “Pas de destination programmée“ !



Marionnettes en chemins