Donne moi le temps.
- Le Lundi 28 Mai 2012
- Commentaires (4)
Premières images des cabarets marionnettiques, première soirée animée par les Nadines, premiers mots couchés sur papier de soie.
Est-ce que le vent te... ? Est-ce que la pluie te... ? Est-ce que le froid te... ? Est-ce que la nuit te... ? Est-ce que tu as froid ? Est-ce que tu as faim ? Est-ce que tu as mal ? Est-ce que tu as peur ? Qu'est-ce que t'as alors ?
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Et dans le noir de ma tête résonne une comptine chantonnée par des lèvres invisibles. Une de celles que nous chante celui qui nous aime et qui s'inquiète. Non, je n'ai pas froid, je n'ai pas faim, je n'ai pas mal, je n'ai pas peur. Le vent me caresse. La pluie m'appaise. Le froid me stimule. La nuit m'émerveille. Je suis bien. Tu peux y aller... Je t'écoute. Je t'écoute chanter.
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Ton chemin est dans tes chaussures, mange tes doigts de pied. Ton chemin, c'est le mien. C'est à moi que tu t'adresses, à moi tout au fond de ces yeux qui t'écoutent, entre ces oreilles qui te regardent. Je me vois. Mon chemin qui s'arrête à mes pieds, effacé devant moi, disparu. Je ne sais pas où tu m'emmènes. Je ne sais plus où je vais. L'ai-je jamais su ? As-tu un endroit où aller ? Et sinon, où vas-tu ?
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Sais tu faire le penché sans tomber par terre ? Savez-vous vous tenir sur la tête ? Si tu sais pas faire, faut manger un escalier. Après, tu pourras marcher dans de l'imaginaire. Tu pourras suivre ton propre chemin, celui qui se déroule dans ta tête, et que tu es le seul à voir. Celui sans lequel celui qui est à tes pieds n'ira pas plus loin. Peut-être qu'il n'a besoin de grandir que dans ta tête. Pourquoi en déduire qu'il ne grandit pas pour de vrai ? C'est quand que tu sauras que tu sais que c'est sous tes pieds ton endroit arrivé ?
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Je voudrais seulement savoir quel chemin je dois suivre.
Cela dépend de l'endroit où vous désirez vous rendre.
ça n'a aucune importance.
Dans ce cas c'est très simple, le chemin à emprunter n'a lui-même aucune importance.
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Ce n'est pas la destination qui importe, c'est le voyage.
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Eteins.
Si j'éteins, tu vas en profiter pour filer.
Je te donne ma parole que non.
Je préfère que tu me donnes ta main, seulement.
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J'ai peur de ce qu'il adviendra si je te lâche. Et toi tu as peur de ce qu'il adviendra si je ne te lâche pas. Je veux que tu restes, mais j'ai peur que tu ne partes pas. Tu veux partir, mais tu as peur de ce qui arrivera si tu ne restes pas. Tu préfèrerais que je ne sois pas là, mais tu ne veux pas te séparer de moi. Je donnerais cher pour te retenir, mais je voudrais que tu sois déjà partie. Va t'en. Reste avec moi.
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Toi, tu vas mourir.
Quand ?
Quand je le dirai.
Et tu vas le dire quand ?
Maintenant.
Et tu peux pas attendre un tout petit peu ?
L'heure, c'est l'heure.
On est pas si pressés.
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On a le temps. Donne moi le temps.
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Elky.

Commentaires (4)
1. eglantine's back up Jeudi 07 Juin 2012
merci pour elles, pour nous... et pour moi!
2. eglantine's back up Jeudi 07 Juin 2012
merci pour elles, pour nous, et pour moi!
3. marionnettesenchemin (site web) Jeudi 31 Mai 2012
Merci infiniment, ça fait vraiment très plaisir de recevoir des commentaires comme celui-ci.
4. sanzetikette Mercredi 30 Mai 2012
Quel texte bouleversant , quelle belle écriture...! j'en ai la chaire de poule...